Posté le 04/03/2019

« Paris 2024 pour y réaliser la course de ma vie »

L’athlétisme n’était pas une évidence pour Renelle. La soif de vaincre est ce qui l’a poussé à devenir une championne. Il n’y a pas de secrets. Ses titres, elle les a décroché à force de travail, de rigueur et de détermination.



Renelle Lamote, reine du 800 mètres français @sport.défense.gouv.fr


Comment t’est venue cette passion pour l’athlétisme ?


Je suis arrivée dans l’athlétisme car j’aimais la compétition. Je gagnais souvent au collège dans les courses  scolaires, j’y ai pris goût et j’ai intégré le sport étude de Fontainebleau à 14 ans. La première année les résultats n’étaient pas au rendez-vous. J’ai donc décidé de me préparer plus sérieusement et j’ai commencé à être performante pour finalement en faire mon métier et vivre de ma passion.


« U n e  p r é p a r a t i o n  h a r m o n i e u s e »


Quels sont tes objectifs pour la saison à venir ? 


Je me prépare actuellement pour les championnats d’Europe en salle à Glasgow. J’aimerais remporter une médaille d’autant plus que ça n’a jamais été le cas en indoor. Au niveau européen, j’ai toujours été deuxième, cette fois je veux gagner ! 


As-tu une préférence entre indoor et outdoor ? 


Je préfère la pratique outdoor pour des raisons purement techniques. La piste extérieure fait 400m, par conséquent on est sur de la performance pure. Sur les pistes indoor on va toujours un peu moins vite. 


Tu as fait 1’58’’01 en 2016, penses-tu pouvoir passer sous la barre des 1’57 cette saison ? 


Je pense que c’est possible, passer la barre des 1’57 cette saison n’est pas du tout à exclure. 


A quoi penses-tu avant et pendant la course? 


Je me concentre sur ce que j’ai à faire, je ne me disperse pas et je reste toujours focus sur mes consignes de course. 


En revenant de loin après deux années de blessures et de complications fin juin 2018 tu réalises donc les minima pour les championnats d’Europe de Berlin en finissant 8eme du 800 mètres du (au meeting de Paris en 1’59’’25). Deux mois plus tard tu deviens vice championne d’Europe.

Peux-tu nous parler de cette période charnière ?


J’ai beaucoup travaillé. Cette année 2017/2018 a été compliquée car je ne pouvais plus courir. Les sponsors ne me suivaient plus.  C’était une période délicate à gérer, mon coach (Tierry Choffin) et mes proches ont été hyper présents. Ils m’ont vraiment soutenu et ont été là pour moi.  


Tu as eu ensuite une véritable montée en puissance avec une belle course en 1’58’’83 lors du meeting de Monaco en juillet 2018. Que peux-tu nous dire à ce sujet ? 


En effet, j’ai réalisé ma meilleure performance de l’année. L’objectif était que je fasse 1min 57. On savait que j’en étais capable. Néanmoins, pendant la course j’ai eu peur et je n’ai pas respecté les consignes. Par conséquent, j’ai manqué mon objectif. Cependant, ce chrono m’a tout de même permis d’arriver aux championnats d’Europe avec la meilleure performance européenne de l’année. 


Comment abordes tu ce genre de compétition ? Comment les prépares-tu ? 


J’ai une forte relation avec mon coach et mes préparateurs. Ils s’assurent que la préparation sera harmonieuse pour me permettre d’exploiter mon potentiel au maximum. 


« U n  d e u x i è m e  p è r e »


Quels rapports entretiens-tu avec ton coach et tes partenaires d’entraînement ? Préfères-tu te préparer seul ou en groupe ?


J’aime bien m’entraîner en groupe pour des séances longues. En revanche, dès que je rentre sur du spécifique comme du 800 mètres, je préfère être seule. J’ai de bonnes relations avec les gens de mon groupe mais mon entraîneur reste mon binôme. Pour moi, c’est presque comme un deuxième père. Ça fait 11 ans qu’on travaille ensemble. Il m’a vu arriver à l’âge de 14 ans. J’ai grandi avec lui. Thierry est comme mon « Maître Yoda » (rires). 


Évoquons ensemble Doha 2019, comment l’envisages-tu ?

Que vises-tu ?


N’est-ce pas trop dur de patienter jusqu’en octobre (habituellement les championnats du monde sont en août)? 

J’ai une première échéance avec les Championnats d’Europe en indoor (Glasgow 2019). Je pourrai prendre de petites vacances et j’aurai aussi plus de temps pour travailler, donc je suis relativement satisfaite qu’ils tombent en octobre.  


Penses-tu à tes objectifs sur le long terme comme une performance au JO de Paris 2024 ?


Tout va dépendre de l’évolution de ma discipline.  C’est une évidence, je vise un podium.  Je sais que si j’arrive à faire 1’56 j’aurai une chance de médaille et c’est un objectif atteignable d’ici 2024. Pour l’instant je vis au jour le jour et je verrai en fonction de l’évolution de ma carrière. Néanmoins, je garde en tête l’objectif 2024, je pourrais y faire la course de ma vie. Je compte notamment sur les équipes Squarechamps pour venir tous me soutenir (rires). 


Fais-tu des études en parallèle ? 


Le sport c’est mon métier mais en parallèle je suis en master à l’école internationale de Management du Sport AMOS. J’associe bien les deux mais ça reste quand même très difficile en terme d’emploi du temps. 


Que fais-tu de ton temps libre lorsque tu n’es pas sur des pistes d’athlétisme ? 


Je suis une grande passionnée d’art. Je dessine beaucoup, j’adore peindre et décorer. J’aime refaire des anciens meubles. J’aime travailler dans ce domaine. J’ai également la chance de faire de « L’Armée de Champions » (athlètes sous contrats avec l’armée de terre mais détachés à temps plein pour pouvoir pratiquer leurs sports de manière optimale).


« F a i r e  d e s  m é t i e r s  p a s s i o n »


En parlant de tes passions, penses-tu à ta reconversion ? 


J’aimerais travailler dans le milieu artistique, je sais que c’est relativement difficile mais il est vrai que j’aimerais en faire mon métier. Si j’y arrive je n’aurais fait que des métiers passion dans ma vie, ce qui est extraordinaire !


As-tu des frères et sœurs ? 


Oui, j’ai  un petit frère (Théo 24 ans) et une sœur (Manon 21 ans) qui fait également de l’athlétisme mais, on ne vit pas le sport de la même façon. Elle fait des etudes et n’a pas le temps de s’impliquer autant que moi.



Quelles sont les valeurs que tu pourrais transmettre aux entreprises et aux particuliers ?  


Le projet Squarechamps est une très belle idée. En tant qu’athlète il me touche particulièrement. Ça permet aux sportifs de faire découvrir leurs univers, puis de mettre en parallèle le monde de l’entreprise et celui du sport. Il y a des valeurs communes. Par exemple, la détermination et l’abnégation sont des principes exploitables dans le sport comme dans le monde de l’entreprise. Nos témoignages seront j’en suis persuadée des valeurs ajoutées. 

Me concernant, je pense pouvoir transmettre des valeurs de détermination, de travail et de résilience. Quand tu es déterminé, tu peux tout surmonter. 


As-tu un message et un conseil pour les jeunes qui souhaitent devenir des athlètes de haut niveau ? 


Si au fond d’eux-mêmes, les jeunes ont l’impression d’avoir un petit plus, il faut y aller à fond. Même si tout semble difficile et parfois insurmontable, il faut tout faire pour réussir. Ma première année, j’étais nulle mais j’étais déterminée et j’ai travaillé pour arriver là ou je suis aujourd’hui. 



Par Axelle Steffen et Yasser Salfiti

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